
Réalisatrice d’animation, Alice Lahourcade sort diplômée de l’EMCA en 2018, avec son film Baransu. En équilibre entre techniques traditionnelles et numériques, Baransu rend un hommage élégant à la culture japonaise et au théâtre Kabuki. Invitée en résidence à la Cinémathèque Québécoise, elle pose les bases du court-métrage À nos escargots, qui questionne le rapport parfois conflictuel entre une soeur et son petit frère. Epaulée d’Isis Leterrier, nous sommes heureux de l’accueillir à la Jachère en ce début 2021, pour la suite du développement de son projet et en particulier : la construction d’un décor de forêt pour ses personnages.
Alice Lahourcade / Site internet – Instagram
Isis Leterrier / Site internet – Instagram









Tu es arrivée à la Jachère pour le projet À nos escargots. Tu nous raconterais un peu ton cheminement dans son écriture et son développement ?
Ce projet de film est arrivé à la fin de mes études à l’EMCA, en 2018. Je voulais poser sur papier ce sujet qui me pesait tant dans mon quotidien ; le manque de dialogue dans une fratrie, l’absence par les mots. Au départ, je n’avais qu’une note d’intention et j’ai eu beaucoup de mal à poser un premier scénario. Je me suis vite rendue compte que ce sujet était si personnel, qu’il me fallait prendre à la fois une distance immense en écrivant, tout en amenant ma propre intimité avec le sujet. Ce qui peut rendre le processus complexe ! Encore aujourd’hui, après 2 ans de passé, je reviens vers le scénario … il manque encore ce quelque chose qui dénote, qui fait vibrer et tendre l’histoire. Je n’ai qu’une hâte, que le déclic « magique » du film se produise sous ma feuille.
En ce qui concerne les visuels et le développement, les designs des personnages ont beaucoup évolué. Au départ, ils étaient en aquarelle sur papier … puis en papier découpé sur banc-titre … puis en papier découpé avec laine feutrée pour les cheveux ! Et puis maintenant, pour finir, en volume papier mâché et laine feutrée. À l’image du scénario, j’ai dû chercher sous plusieurs angles la justesse visuelle qui leur correspondait. Le choix du papier et la laine a été fait pour la richesse de leur texture à l’écran. Ils apportent une douceur et une fragilité visuelle qui accompagnent parfaitement la tension du sujet.
Comparé à mon film de fin d’étude, celui-ci de, par son aspect plus personnel, m’a demandé et me demande encore un travail d’écriture et de développement plus soutenu, et moins impulsif. Il me faut prendre le temps de me comprendre et d’amener le sujet avec justesse. Je pense qu’après cette réalisation, je serai libérée d’un poids, comme une libération heureuse et apaisée d’avoir su mettre en forme ce sujet qui me tient à cœur.
Qu’est-ce que tu aimes dans l’expérience « être en résidence » ?
Ce que j’aime avec ce type d’accueil à la création, c’est la richesse qu’elle apporte, comme un tremplin d’expression pour l’auteur et son projet. Les rencontres sont la source même de cette poussée, et les lieux qu’on nous propose permettent, quant à eux, une aisance d’expression.
Pendant ces trois semaines, tu étais accompagnée d’Isis Leterrier. Est-ce que c’est la première fois que vous travailliez ensemble ?
Sur un projet professionnel, oui ! On était dans la même promotion à l’EMCA, où nous avons travaillé ensemble à deux reprises sur des projets de groupe, dont un en stop motion/banc titre. C’est une personne dont j’apprécie beaucoup le travail et l’investissement !
Le Nord, tu connaissais ? Et Roubaix ?
Ah le Nord ! Absolument pas, je ne connaissais rien. Étant originaire du Sud-Ouest, Lille ou Roubaix n’étaient pas mes destinations premières de vacances, ni même de passage … Mais ça a été une agréable découverte ! Beaucoup de charme dans ces deux villes !
Quelques mots sur la suite ?
Pour la suite, je replonge dans le scénario et j’espère pouvoir lancer le storyboard bientôt ! Je vais également faire une petite pause formation de 2 mois, pour suivre une formation montage à l’école Gobelins. Je profite de cette situation un peu étrange qu’on traverse tous, pour prendre le temps de rajouter une corde à mon arc. J’espère cependant pouvoir finir scénario et storyboard de mon film en 2021 ! Et le petit mot de la fin :
Un grand merci à la Jachère pour cet accueil, sans qui la suite n’aurait pas été aussi excitante ! De la joie, des rires, un bel espace et des belles personnes, que de motivations pour continuer à gravir ce mont épineux de la création cinématographique !
