
Après un DNmade cinéma d’animation à Cournon d’Auvergne, où elle réalise un court-métrage tout en transparences, lumières et textures : Jour de Pluie, Claire intègre l’ENSAD où elle continue son travail avec les techniques traditionnelles. Gravure en scotch, monotype, banc-titre rétro-éclairé … ses deux semaines furent riches d’explorations et de tentatives, en prévision de son film de fin d’études à venir.
Jour de Pluie, 2020
Instagram : @dodeloche






Tu es arrivée en résidence avec trois thématiques, très diverses, pour guider tes recherches : la maison, la boxe, Antigone. L’une d’elle a-t-elle pris plus de place au fil des jours ?
Oui. De base je voulais venir à la Jachère pour mettre en image un travail initié l’année dernière sur la maison d’enfance de mon père. Mais étant donné que ça a aussi été mon sujet de mémoire cette année, j’ai vite eu la sensation de tourner en rond, j’avais envie de faire autre chose. Plusieurs fois, pendant les deux semaines, je me suis retrouvée à court d’inspiration. Comme j’avais amené Antigone de Jean Anouilh pour le relire, j’en ai utilisé des extraits comme béquilles pour faire des monotypes et gravures. Toutefois, au bout d’un moment je me suis sentie un peu limitée. La thématique de la boxe est arrivée une fois sur place, je n’ai aucun projet lié à la boxe j’aime juste dessiner ce sport. J’ai fait ça pour m’amuser, et, produire des images sans but précis m’a permis de me lâcher et au final de faire naître une envie d’anim.
Parmi tes essais graphiques, y a-t-il une direction que tu penses développer dans le futur ?
Ouiiiiii ! En gros, mon film de DMA a pour références principales des films en papier découpé rétro éclairés à partir de gravures, (comme Iâhmès et la grande dévoreuse, de Claire Sichez et Marine Rivoal ou Métronome d’Anna Leterq) dont j’avais tenté de reproduire le rendu, mais je n’avais pas de presse sous la main. Là j’ai pu tester pour de bon et ça me plaît trop. Je ne sais pas quand je m’en resservirai, mais j’annonce solennellement que je garde ça sous le coude.
On a assisté à un coup de foudre entre Chaussette et toi. Dirais-tu qu’elle fut une muse de tous les instants ou une terrible distraction ?
Chaussette…
aaaa J’ai été tributaire de son bon vouloir : lorsqu’elle dort sur la presse, je ne peux évidemment rien faire d’autre que lui faire un petit bisou entre les oreilles et chercher autre chose à faire le temps que le distributeur de croquettes fasse son boulot et qu’elle daigne me laisser la place. En effet, j’ai pour maxime de ne jamais importuner un chat qui dort. Et en même temps, je pense qu’elle est une de mes plus belles rencontres de 2023, c’est une chatte formidable, intègre.

♥ Chau7 4 ever
As-tu trouvé le temps d’écrire ou as-tu préféré laisser cette partie de côté pour te concentrer sur de l’exploration visuelle ?
Avant de partir, je me suis dit que je pourrais utiliser ce temps pour démarrer l’écriture de mon film de diplôme. C’était sans compter l’excitation procurée par la presse, et l’émulsion créative liée à la présence des autres résident.e.s, j’ai préféré profiter de cet outil auquel j’ai moins facilement accès dans ma vie de tous les jours. Et même si je n’ai finalement rien écrit, grâce aux discussions, aux projections, et à ce moment que j’ai pris pour moi, je suis sûre que des idées vont germer. (enfin j’espère)
Le format résidence t’a-t-il été utile ?
Oui, c’était vraiment bien d’avoir deux semaines de créations comme entre parenthèses. Après un semestre concentrée sur la rédaction d’un projet d’écriture où j’ai très peu produit de visuels, ça fait vraiment du bien de se forcer à créer. Bien sûr j’ai eu des moments un peu plus mous, parce que ce n’est pas facile de maintenir un rythme de création intense sur deux semaines. Mais en tout cas, ça m’a vraiment motivée pour mon film à venir. En plus le format résidence en compagnie d’autres réalisateur.ices mets dans une trop bonne dynamique, c’est vraiment génial à vivre ! (High peak de mon été, merci !!!)
Trois courts-métrages d’animation que tu pourrais revoir inlassablement ?
C’est trop dur d’en choisir que 3 !! (ça m’a déchirée de faire des choix)
Daughter, Daria Kascheeva
Negative Space, Max Porter et Ru Kuwahata
Souvenir Souvenir, Bastien Dubois
La recette d’une bonne semaine de travail ?
Voilà la recette inratable pour une bonne semaine de travail, il faut
– un espace de travail suffisamment grand pour y mettre le zbeul
– de la motivation / inspiration
– se forcer, un peu
– des pauses, beaucoup, en tout genre
( je recommande : sieste, cuisine et adoration du chat)
– être en bonne compagnie
– des gâteaux (délicieux si possible)
Mettre le tout dans du riz, bien mélanger.
